Le pôle pénal économique et financier près du tribunal de Sidi M’hamed à Alger a rendu, ce lundi 20 avril 2026, son verdict dans une affaire de corruption d’envergure impliquant plusieurs hauts responsables et opérateurs économiques. Au cœur du dossier, l’ancien ministre de l’Industrie et de l’Industrie pharmaceutique, Ali Aoun, a été condamné à cinq ans de prison ferme assortis d’une amende d’un million de dinars, avec placement immédiat en détention.
Son fils a également été condamné à une peine plus lourde, écopant de six ans de prison ferme. Cette affaire est liée à des relations suspectes avec un homme d’affaires connu sous le surnom de « Nounou Manita ».
Dans le même dossier, la justice a prononcé la relaxe de Charaf-Eddine Amara, ancien PDG du groupe Madar. En revanche, plusieurs autres accusés ont été reconnus coupables. Parmi eux, Karim Boulaioune, PDG du complexe sidérurgique d’El Hadjar, a été condamné à trois ans de prison ferme et à une amende d’un million de dinars. Une peine identique a été prononcée à l’encontre de Salah Nouredine, directeur général de l’Entreprise nationale de fonderie (Fondal).
L’homme d’affaires Abdennour Abdelmoula a écopé de la peine la plus lourde, soit dix ans de prison ferme, assortis d’une amende d’un million de dinars. D’autres prévenus, dont Chrafi Mohamed et Abdelhalim, ont été condamnés à cinq ans de prison ferme avec la même amende.
Par ailleurs, plusieurs dirigeants d’entreprises, notamment dans les secteurs pharmaceutique et de l’importation automobile, ont été acquittés.
L’affaire concerne des marchés jugés suspects au sein du groupe sidérurgique IMETAL, basé à Annaba, portant principalement sur des opérations de vente et d’achat de ferraille ainsi que de résidus de cuivre. Les investigations ont mis en évidence de fortes présomptions de manipulation des prix et de dilapidation de deniers publics.
Les charges retenues contre l’ancien ministre incluent notamment la dilapidation de fonds publics, l’abus de fonction et d’influence, ainsi que la sollicitation et l’acceptation d’avantages indus. Le procès s’était tenu le 8 avril avant d’être mis en délibéré, le verdict ayant été rendu ce lundi, marquant une nouvelle étape dans la lutte contre la corruption économique.







