Source : Protection civile
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Le parti Jil Jadid a exprimé son opposition à la décision de rétablir l’exécution de la peine de mort à l’encontre des auteurs d’incendies volontaires, prise récemment par le Haut Conseil de sécurité sous la présidence du chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, à la suite des incendies meurtriers ayant frappé la wilaya de Jijel.

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Dans un communiqué rendu public à l’issue de la réunion de son Conseil national, Jil Jadid a estimé que la répétition de telles catastrophes constitue avant tout une question de « responsabilité publique et de gouvernance ».

Le parti s’est notamment interrogé sur l’efficacité des dispositifs de prévention, l’entretien des espaces forestiers, l’anticipation des risques, les moyens d’intervention, l’aménagement du territoire ainsi que la coordination entre les différents services concernés.

Identifier les responsabilités au-delà des seuls exécutants

Jil Jadid considère que la justice doit identifier les auteurs des incendies, établir les faits et sanctionner sévèrement les responsables, dans le strict respect de la loi.

Cependant, le parti estime que la recherche des responsabilités ne doit pas se limiter aux personnes ayant directement provoqué les incendies. Elle doit également, selon lui, porter sur d’éventuelles négligences, défaillances ou dysfonctionnements ayant contribué à l’aggravation des pertes humaines.

« La sanction des coupables ne dispense pas de comprendre ce qui aurait pu être évité », souligne en substance le parti dans son communiqué.

La peine de mort n’est pas une « solution appropriée »

Concernant le recours à la peine capitale, Jil Jadid estime que celle-ci ne constitue pas une réponse appropriée si les incendies sont principalement liés aux effets du changement climatique, aggravés par un manque d’entretien des forêts et des comportements irresponsables.

Le parti envisage toutefois une autre hypothèse : celle d’incendies déclenchés dans le cadre d’entreprises visant à déstabiliser l’État et la société.

Dans ce cas, estime Jil Jadid, la question relèverait de la sécurité nationale face à une menace susceptible d’entraîner un lourd bilan humain et d’importantes conséquences économiques.

Le parti rejette néanmoins l’idée selon laquelle la menace d’exécuter quelques individus pourrait constituer une réponse efficace à ce type de menace.

Jil Jadid appelle à un dialogue national

Pour Jil Jadid, une question aussi fondamentale que celle de la peine de mort ne peut être tranchée indépendamment d’un débat national.

Le parti plaide ainsi pour l’ouverture d’un « dialogue national sérieux » associant l’ensemble de la société afin de discuter de cette question.

Cette position rejoint celles exprimées ces derniers jours par le Parti des travailleurs (PT), le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et le Front des forces socialistes (FFS), qui se sont également prononcés contre l’exécution de la peine de mort.

Ces trois formations ont notamment fait valoir le caractère irréversible d’une éventuelle erreur judiciaire et leur absence de conviction quant à l’efficacité de la peine capitale dans la réduction de la criminalité, en s’appuyant notamment sur l’expérience de plusieurs pays occidentaux.