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Alors que le débat sur le port du voile dans l’espace public refait surface en France, plusieurs femmes qui ne portent habituellement pas le voile ont choisi de manifester leur solidarité avec les femmes musulmanes voilées à travers des vidéos publiées sur les réseaux sociaux.

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Ces derniers jours, plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrant des femmes se couvrant la tête en signe de soutien aux musulmanes voilées ont circulé sur les réseaux sociaux. Ces vidéos sont accompagnées de messages dénonçant ce que leurs auteures considèrent comme une stigmatisation des femmes musulmanes en raison du port du voile. Certains hommes aussi ont diffusé des vidéos portant le voile.

À travers cette démarche symbolique, certaines d’entre elles appellent à la solidarité et défendent le droit de chaque femme à choisir librement de porter ou non le voile.

Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par de nouvelles déclarations politiques favorables à une restriction du port du voile dans l’espace public.

Le RN favorable à une sanction du port du voile

La polémique a notamment été relancée après les déclarations du député du Rassemblement national (RN), Jean-Philippe Tanguy, qui a indiqué dimanche 30 août, lors d’une intervention sur BFMTV, que son parti souhaitait « sanctionner le port du voile » par une amende en cas d’arrivée au pouvoir.

Le parlementaire a inscrit cette proposition dans la volonté affichée du RN de « combattre l’idéologie islamiste ». Il a également présenté cette éventuelle mesure comme un moyen de lutter contre les situations dans lesquelles des femmes seraient contraintes de porter le voile dans certains pays.

Cette prise de position a rapidement suscité des réactions, notamment de la part du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Le CFCM dénonce une « stigmatisation »

Dans un communiqué publié le 1er septembre, le CFCM a condamné les déclarations de plusieurs responsables politiques qui, selon l’instance, contribuent à assimiler les femmes musulmanes portant le voile à des personnes adhérant à une idéologie extrémiste.

Le Conseil a appelé les responsables politiques à « cesser de mettre des cibles dans le dos des musulmans », estimant que ce type de discours pourrait contribuer à renforcer les actes hostiles visant les femmes voilées.

Le CFCM affirme notamment que ces déclarations sont susceptibles d’exposer davantage les femmes concernées aux « insultes, menaces, intimidations et agressions ». L’instance réaffirme, dans le même temps, le droit des femmes à décider librement de porter ou non le voile.

Le Conseil estime également qu’une interdiction du voile dans l’espace public pourrait entrer en contradiction avec plusieurs principes qu’il considère comme protégés par la Constitution française, notamment la liberté de conscience et la liberté individuelle.

Le voile, un sujet récurrent du débat politique français

La question du port du voile dans l’espace public occupe une place récurrente dans le débat politique français. Une interdiction figurait déjà dans le programme de Marine Le Pen lors de ses trois précédentes candidatures à l’élection présidentielle.

Plus largement, la laïcité, les signes religieux et la place de l’islam dans l’espace public font régulièrement l’objet de débats politiques et sociétaux en France.

Dans ce contexte, les vidéos publiées par des femmes ne portant pas habituellement le voile apparaissent comme une prise de position symbolique en faveur de la liberté individuelle. En se couvrant la tête, ces femmes cherchent à exprimer leur soutien aux musulmanes voilées et à dénoncer ce qu’elles perçoivent comme une mise à l’écart ou une stigmatisation liée à leur tenue.