En France, un bâtiment rebaptisé en hommage à Danièle Djamila Amrane-Minne, une militante algérienne durant la Guerre d’indépendance, a été vandalisé.
À peine deux semaines après avoir été rebaptisée, la maison du parc départemental de la Bergère, à Bobigny, a été touché par un acte de vandalisme. Des tags à caractère raciste, accompagnés de symboles d’extrême droite, ont été découverts sur la façade du bâtiment.
Sur la baie vitrée de l’édifice, des mots tels que « Assassin », « Traître », « Honte » ou encore « Terroriste » ont été inscrits à la peinture blanche. Ces inscriptions sont entrelacées de croix celtiques, des symboles régulièrement utilisés par des groupes néonazis ou identitaires prônant la suprématie blanche.
Un hommage à une figure de la lutte anticoloniale
Le 5 juillet dernier, date anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, la structure avait été nommée en mémoire de Danièle Djamila Amrane-Minne. Née en France, professeure, poétesse et militante, elle s’était engagée aux côtés du Front de libération nationale (FLN) durant la guerre d’Algérie. Ce geste symbolique s’inscrit dans un programme engagé par le département de la Seine-Saint-Denis visant à féminiser l’espace public en attribuant à 100 bâtiments le nom de femmes remarquables.
« En choisissant cette date, nous voulions rappeler combien nos histoires, françaises et algériennes, sont liées. Malgré les douleurs, elles doivent nourrir une mémoire commune, inclusive et réparatrice », avait déclaré Stéphane Troussel, président du conseil départemental.
Une attaque politique dénoncée avec fermeté
Face à cet acte de vandalisme, le département a réagi immédiatement en déposant plainte et en dénonçant un acte haineux. « Ces inscriptions témoignent d’une volonté d’effacer une partie de notre histoire collective », a affirmé la collectivité. Depuis la désignation du bâtiment, des messages menaçants auraient déjà été reçus.
« En s’attaquant à cette mémoire, l’extrême droite montre sa peur de l’Histoire », dénonce encore le département, qui réaffirme sa volonté de reconnaître le rôle des femmes dans les luttes de libération et de faire vivre le dialogue entre les mémoires française et algérienne.
Ce n’est pas la première fois que des actes de ce type sont signalés en Seine-Saint-Denis. À Stains, le maire avait été menacé par le groupuscule d’extrême droite Action française. À Saint-Denis, une exposition organisée dans la Basilique des rois de France avait récemment été la cible d’une attaque.







