L’écrivain et journaliste Hmida Layachi a invité l’écrivain Kamel Daoud à un débat public via une lettre ouverte.
Cet appel fait suite à un échange privé tendu que Hmida Layachi a jugé empreint de colère, de contre-vérités et d’accusations injustifiées.
« Cher Kamal,
Après salutations,
J’ai reçu ta lettre en colère, pleine
de contre-vérités et d’accusations.
J’ai été choqué que tu considères mes critiques de tes positions
comme une simple soumission au régime algérien ou un alignement sur
le pouvoir, alors qu’en réalité, ce que j’ai reproché chez toi,
c’est ce que j’ai vu comme une trahison flagrante de la position
nationale et de la cause palestinienne. Ton ralliement — en toute
conscience ou par inadvertance — aux bannières de lobbies criminels
qui justifient l’occupation et couvrent ses crimes sous le prétexte
de la « lutte contre le terrorisme palestinien » ou « le terrorisme
» du Hamas, et ta flatterie envers l’entité…
Sortons donc cela au grand jour.
Débattons, à voix haute, de ton paradis français illusoire qui t’a
dépouillé de ce qu’il y avait de plus beau dans ton esprit créatif,
et t’a transformé de romancier en quête de liberté en une voix qui
justifie la brutalité israélienne contre les Palestiniens. Mettons
tes idées face à l’opinion publique, confrontons tes arguments
auxquels tu t’accroches et mes positions dont j’assume pleinement
la responsabilité.
Je t’invite à un débat public, écrit ou filmé, en direct et sur la plateforme de ton choix. Soumettons-nous au jugement du peuple, non à des correspondances secrètes. Car le public a le droit d’entendre et d’évaluer : lequel d’entre nous a choisi de s’aligner sur les valeurs et la justice, et lequel a préféré se confondre avec les forces du mal ?
J’ai appris à exprimer mes opinions telles que je les crois, même lorsqu’elles s’opposent souvent aux inclinations du pouvoir ou aux lobbies qui contrôlent la décision internationale. Pour moi, la critique n’est ni soumission ni allégeance, mais fidélité à une conscience qui ne transige pas.
Dans l’attente de ta décision.
Mes respects ».







