Le juge d’instruction du pôle national de lutte contre le terrorisme près le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, a ordonné ce dimanche le placement en détention provisoire de sept personnes, poursuivies dans le cadre d’une enquête sur plusieurs incendies volontaires ayant touché des biens forestiers de l’État et des zones résidentielles dans plusieurs wilayas du pays.
Selon un communiqué du parquet près la même juridiction, les mis en cause sont soupçonnés d’avoir volontairement provoqué des incendies dans plusieurs régions, notamment à Guelma, Bouira et Jijel. Ils sont poursuivis dans le cadre d’une information judiciaire pour des faits qualifiés d’actes subversifs visant à exposer la vie des personnes, leur sécurité et leurs biens au danger, ainsi que pour incendie volontaire de biens forestiers de l’État.
Le communiqué précise que les faits reprochés sont prévus et réprimés par l’article 87 bis du Code pénal ainsi que par l’article 138 de la loi relative aux forêts et aux richesses forestières. Les poursuites engagées contre l’ensemble des suspects portent notamment sur des actes subversifs visant à mettre en danger la vie des personnes, leur sécurité et leurs biens, tandis que le suspect Hamili Saïd est également poursuivi pour avoir volontairement mis le feu dans des lieux à usage d’habitation, conformément aux articles 87 bis et 395 du Code pénal.
Dans le cadre de la lutte contre les crimes terroristes, subversifs et la criminalité organisée transnationale, et à la suite des incendies de forêt enregistrés dans plusieurs wilayas depuis la fin de la semaine dernière, les services judiciaires ont traité cinq affaires impliquant des groupes criminels présumés spécialisés dans l’incendie volontaire de biens forestiers.
La première affaire concerne le suspect Zeraïk Mohamed Amine, accusé d’avoir mis le feu à une zone couverte de broussailles et de végétation sèche à proximité de la bibliothèque communale du quartier Meguemouli, à Guelma. Les enquêteurs ont notamment récupéré une vidéo montrant le suspect en train de mettre le feu à l’endroit où l’incendie s’est déclaré.
Une deuxième affaire concerne Harchi Adel et Boudraa Nouri Mehdi, soupçonnés d’avoir volontairement incendié des broussailles et des herbes sèches dans la zone dite El Kaf Lekhel, dans la commune de Constantine. L’incendie a causé d’importants dégâts, détruisant notamment 1.000 bottes de fourrage, 40 oliviers, 20 arbres fruitiers ainsi que deux étables. Les deux suspects auraient été vus en train de mettre le feu à l’endroit du sinistre.
Dans une troisième affaire, le suspect Zerrar Ahmed est poursuivi pour avoir volontairement incendié une parcelle agricole privée située dans la région d’Oued El Azaïb, dans la commune de Sidi Semmane, dans la wilaya de Tipasa. Le feu a ravagé une superficie de 500 mètres carrés, comprenant notamment des oliviers, des pins d’Alep et des broussailles.
La quatrième affaire concerne Hamili Saïd, qui a été arrêté en flagrant délit alors qu’il mettait volontairement le feu à des broussailles au milieu d’une zone résidentielle, derrière un immeuble situé dans le quartier Ayouf El Gharbi, dans la commune et la wilaya de Jijel.
Enfin, la cinquième affaire concerne Tlemçani Abdelkader et Kouadri Djamel, soupçonnés d’avoir volontairement incendié une zone forestière située au village de Boukhelfon, dans la commune de Boukeram, daïra de Lakhdaria. Selon les éléments de l’enquête, des habitants de la région auraient aperçu Tlemçani Abdelkader, vêtu d’un tee-shirt gris et accompagné d’une personne dont l’identité n’était pas connue, à bord d’un véhicule de marque Chevrolet, à proximité du lieu de l’incendie. Peu après leur départ, les flammes se seraient déclarées.
Les investigations ont par la suite établi que Tlemçani Abdelkader se trouvait à bord du véhicule avec Kouadri Djamel et que ce dernier serait la personne ayant déclenché l’incendie.
Le parquet a indiqué que les sept suspects ont été arrêtés à l’issue d’enquêtes préliminaires menées par les brigades criminelles des sûretés des wilayas de Guelma, Bouira et Jijel, ainsi que par la brigade territoriale de la Gendarmerie nationale de Sidi Ghiles et le service de recherche et d’investigation de la Gendarmerie nationale de Constantine, chacun dans le cadre de ses compétences territoriales.
Les mis en cause ont été présentés devant le procureur de la République, puis devant le juge d’instruction, qui a ordonné leur placement en détention provisoire dans l’attente de la poursuite de l’enquête judiciaire et de l’établissement des dossiers pénaux.







