L’Espagne a confirmé sa domination sur le football international en remportant, dimanche près de New York, la Coupe du monde 2026, deux ans après son triomphe à l’Euro. La Roja s’est imposée face à l’Argentine (1-0, après prolongation) au terme d’une finale longtemps verrouillée, avant qu’un but de Ferran Torres ne fasse basculer la rencontre. Ce deuxième sacre mondial, seize ans après celui de 2010, prive Lionel Messi d’un exploit historique qui aurait consisté à conserver le trophée remporté en 2022.
La délivrance espagnole est intervenue à la 106e minute grâce à Ferran Torres. L’attaquant du FC Barcelone a repris avec puissance un ballon qui n’a laissé aucune chance au gardien argentin Emiliano Martinez. Quelques minutes auparavant, l’Argentine avait été réduite à dix après l’expulsion d’Enzo Fernandez, sanctionné d’un deuxième carton jaune dans le temps additionnel de la seconde période (90e+4).
Avant ce dénouement, la sélection espagnole avait dû faire preuve de patience face à une équipe argentine particulièrement disciplinée défensivement. Malgré sa combativité, l’Albiceleste s’est montrée très peu menaçante, ne cadrant pratiquement aucune offensive dangereuse et ne totalisant que deux tirs durant plus de 120 minutes de jeu.
Ce nouveau titre mondial récompense le travail entrepris depuis 2022 par le sélectionneur Luis de la Fuente, qui a construit une équipe équilibrée, solide défensivement et souveraine au milieu de terrain. Avec Rodri, Ballon d’Or 2024, comme maître à jouer, épaulé par Fabian Ruiz, l’Espagne a affiché une maîtrise collective remarquable tout au long du tournoi.
La Roja confirme ainsi son retour au premier plan du football mondial, renouant avec la période dorée de 2008 à 2012, marquée par deux titres européens et une Coupe du monde. Sa défense, véritable point fort de la compétition, n’a concédé qu’un seul but en huit rencontres, illustrant la solidité d’un collectif qui n’a jamais réellement été mis en difficulté, hormis un match nul inaugural contre le Cap-Vert (0-0).
L’Espagne a également démontré qu’elle pouvait s’imposer sans dépendre exclusivement de son prodige Lamine Yamal. Gêné par une blessure à la cuisse gauche avant le tournoi, le jeune attaquant de 19 ans n’a jamais retrouvé son meilleur niveau durant la compétition. En finale, il s’est toutefois signalé par une frappe dès la quatrième minute, un centre précis pour Ferran Torres ainsi qu’un coup franc magnifiquement détourné par Emiliano Martinez dans les dernières secondes du temps réglementaire.
Cette relative discrétion de la jeune star espagnole n’a pas empêché la Roja d’imposer son rythme et de multiplier les occasions, principalement grâce à des frappes lointaines. Une perspective encourageante pour une sélection qui semble disposer d’une importante marge de progression lorsque Lamine Yamal retrouvera l’intégralité de ses moyens physiques.
Autre élément déterminant, Nico Williams a apporté un souffle nouveau après son entrée en jeu à la 75e minute. L’attaquant de l’Athletic Bilbao a d’abord vu Emiliano Martinez repousser sa tentative en prolongation, avant de délivrer une passe décisive de la tête à Ferran Torres pour le but du sacre.
L’Argentine, championne du monde en titre, échoue ainsi dans sa tentative de conserver le trophée, une performance qu’aucune sélection n’a réalisée depuis le Brésil en 1962. Triple championne du monde (1978, 1986 et 2022), l’Albiceleste a longtemps résisté mais n’a jamais semblé en mesure de véritablement déstabiliser la machine espagnole, qui avait déjà éliminé la France en demi-finale (2-0).
Lionel Messi, auteur d’un tournoi remarquable et déterminant jusqu’en finale, n’a cette fois-ci pas réussi à renverser le destin. Après avoir conduit son équipe jusqu’au dernier match, notamment grâce à deux passes décisives décisives face à l’Angleterre en demi-finale (2-1), le capitaine argentin est resté sans influence face à la discipline tactique espagnole.
À 39 ans, pour ce qui devrait être sa dernière Coupe du monde, l’octuple Ballon d’Or termine la compétition avec huit buts inscrits lors de cette édition et un total de 21 réalisations en six participations au Mondial. Le Soulier d’Or revient une nouvelle fois au Français Kylian Mbappé, auteur de dix buts, qui établit également un nouveau record historique avec 22 réalisations en Coupe du monde.
En remportant cette finale, l’Espagne confirme son statut de nouvelle référence du football mondial. Portée par une génération talentueuse, un collectif parfaitement huilé et une défense quasi infranchissable, la Roja s’installe durablement au sommet de la hiérarchie internationale, tandis que l’Argentine et Lionel Messi voient s’envoler le rêve d’un doublé mondial historique.






