L’écrivain Kamel Daoud, récemment couronné du prix Goncourt 2024 pour son roman Houris, est désormais la cible de deux mandats d’arrêt internationaux émis par les autorités algériennes.

L’information a été confirmée par le cabinet de Me Jacqueline Laffont, en charge de la défense de l’auteur. Le premier mandat d’arrêt a été émis en mars 2025 par Interpol Algérie, suivi d’un second début mai. Tous deux émaneraient d’un juge du tribunal d’Oran, ville natale de l’écrivain, aujourd’hui installé en France. Les détails précis des accusations n’ont pas été divulgués, Interpol ne communiquant jamais sur les notices rouges qu’elle reçoit.

« Manifestement, ils ont été lancés par les autorités algériennes pour des considérations politiques », affirme Me Laffont, qui précise que son cabinet entend contester ces mesures dans les règles, tout en restant discret quant aux démarches engagées, a rapporté le magazine Le Point.

Depuis la parution de Houris aux éditions Gallimard en août 2024, Kamel Daoud fait face à une vague de plaintes, en France comme en Algérie. La plus médiatisée a été déposée au tribunal d’Oran par Saada Arbane, une survivante des massacres des années 1990. Elle accuse l’auteur d’avoir utilisé son histoire personnelle, sans autorisation, pour nourrir la fiction de son roman, et d’avoir violé le secret médical de son dossier.

Des accusations que l’écrivain réfute catégoriquement. Il rappelle que Houris s’inspire de cette décennie noire qu’il a vécue de près en tant que journaliste au Quotidien d’Oran, mais qu’il s’agit avant tout d’une œuvre de fiction.

La plaignante est représentée par l’avocate Fatma Zohra Benbraham, particulièrement active dans les médias. Celle-ci n’a pas hésité à qualifier Daoud et son épouse de « criminels par excellence » lors d’une interview en décembre 2024 sur une radio algérienne. Elle est même allée jusqu’à « accuser le président Emmanuel Macron d’avoir commandité le roman et influencé le jury du Goncourt pour nuire à l’image de l’Algérie ».