Les relations algéro-françaises ont connu, ces derniers jours, un regain de tension, franchissant un nouveau palier d’escalade après des déclarations controversées du procureur national antiterroriste français, visant directement l’État algérien.
Des accusations qui ravivent la crise
À l’origine de cette crispation, une interview accordée récemment par le procureur antiterroriste français, Olivier Christen, à des médias hexagonaux. Le magistrat y a évoqué l’existence d’enquêtes en cours portant sur ce qu’il a qualifié de « terrorisme d’État », citant explicitement l’Algérie parmi les pays soupçonnés de cibler des opposants politiques sur le sol français.
Il a, en outre, décrit ces actions présumées comme une « menace pour la sécurité nationale française », assurant que la justice de son pays ne tolérerait aucune « activité de renseignement étrangère » visant à régler des différends politiques en France.
Une réponse ferme du Conseil de la nation
La réaction d’Alger ne s’est pas fait attendre. Réuni mardi 7 avril sous la présidence d’Azzouz Nasri, le bureau élargi du Conseil de la nation a publié un communiqué au ton particulièrement ferme.
La chambre haute du Parlement a exprimé sa « vive désapprobation » face à ce qu’elle qualifie de « dérapage irresponsable et inacceptable du procureur antiterroriste de la France officielle ». Elle estime que ces déclarations traduisent « une dérive dans un flot de propos incohérents » et un comportement « indigne du statut d’un responsable judiciaire ».
« Un recul dans les relations bilatérales »
Dans son communiqué, le Conseil de la nation va plus loin en dénonçant « un nouveau glissement dans le marécage de déclarations confuses » et « un emportement déplacé », y voyant « un recul avancé dans les relations entre les deux pays ».
Le texte critique également certains responsables français qui « s’érigent en tuteurs du destin du peuple français » et dont les déclarations, jugées impulsives, refléteraient « l’essoufflement de leur discours » ainsi qu’« une crainte maladive de l’Algérie ».
Un timing jugé non fortuit
Pour de nombreux observateurs, le moment choisi pour ces déclarations n’est pas anodin. Cette montée de tension intervient alors que l’Algérie se prépare à accueillir une visite historique du pape du Vatican, à l’approche d’échéances législatives importantes, et dans un contexte régional marqué par son rôle croissant.
Alger s’affirme de plus en plus comme un acteur clé de stabilité dans la région du Sahel, tout en consolidant sa position stratégique en Méditerranée, notamment sur les plans énergétique et sécuritaire.







