Grave dérapage en France contre les Algériens. Des propos attribués à Vincent Thiéry, colistier du maire sortant de Saint-Raphaël, dans le sud-est de la France, ont provoqué une vive controverse après leur diffusion sur les réseaux sociaux. Le candidat est accusé d’avoir tenu des commentaires particulièrement insultants à l’encontre des Algériens, les qualifiant notamment de « peuple de cafards », ce qui a suscité une forte indignation dans les milieux politiques et sur internet.
C’est le quotidien régional Var-Matin qui a révélé l’affaire dans une enquête. Selon ce média, plusieurs messages et commentaires attribués à Vincent Thiéry auraient été repérés sur les réseaux sociaux. Bien que ces publications aient été supprimées par la suite, elles ont déjà été largement partagées par les internautes, ce qui a contribué à amplifier la polémique.
Des captures d’écran de ces messages ont notamment circulé sur la plateforme X, relayées par le compte Tajmaât. Celui-ci affirme que les publications ont été effacées après leur révélation. Toutefois, malgré leur suppression, les images continuent de circuler en ligne, alimentant les critiques et les réactions.
Plusieurs responsables politiques ont dénoncé ces propos, à commencer par le sénateur écologiste d’origine algérienne Akli Mellouli. Dans une déclaration rendue publique vendredi, il a qualifié ces propos de « gravité extrême » et appelé à une condamnation « claire et sans ambiguïté ». Selon lui, assimiler un peuple à des insectes dépasse le cadre de l’injure et s’inscrit dans une logique de déshumanisation particulièrement préoccupante.
Le sénateur a estimé que ce type de discours rappelle les périodes les plus sombres de l’histoire, lorsque certains groupes étaient délibérément privés de leur humanité afin de justifier la haine et la discrimination. Il a également souligné que de tels propos sont d’autant plus problématiques qu’ils interviennent en pleine période électorale.
« La responsabilité politique impose exemplarité, respect et sens de la mesure », a-t-il affirmé, rappelant par ailleurs que les Français d’origine algérienne occupent une place importante dans l’histoire du pays. Il a également mis en avant les liens humains, familiaux et culturels profonds qui unissent les peuples algérien et français.
Cette polémique survient à l’approche des élections municipales prévues en France les 15 et 22 mars. Dans ce climat électoral, l’affaire ravive le débat sur les discours de haine dans l’espace public et sur la responsabilité des acteurs politiques dans la préservation des principes démocratiques.
Pour Akli Mellouli, la réponse à ce type de dérives doit être sans équivoque. « La haine n’a pas sa place dans une démocratie », a-t-il insisté, appelant à la combattre avec détermination et sans complaisance.







