Un communiqué conjoint, rendu public ce vendredi 15 août 2025 par les ministres des Affaires étrangères de 31 pays arabes et islamiques, ainsi que par les secrétaires généraux de la Ligue des États arabes, de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et du Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCG), exprime une condamnation unanime des récentes déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et des politiques de colonisation menées par son gouvernement.

Condamnation des propos de Netanyahou sur le « Grand Israël »

Les chefs de la diplomatie des pays signataires — parmi lesquels figurent l’Algérie, Bahreïn, le Bangladesh, le Tchad, les Comores, Djibouti, l’Égypte, la Gambie, l’Indonésie, l’Irak, la Jordanie, le Koweït, le Liban, la Libye, les Maldives, la Mauritanie, le Maroc, le Nigéria, Oman, le Pakistan, la Palestine, le Qatar, l’Arabie saoudite, le Sénégal, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, la Syrie, la Turquie, les Émirats arabes unis et le Yémen — dénoncent « avec la plus grande fermeté » les propos de Netanyahou relatifs à une prétendue « Grand Israël ».

Selon eux, ces déclarations constituent une « violation flagrante du droit international » et représentent une menace directe pour « la sécurité nationale arabe, la souveraineté des États, ainsi que pour la paix et la stabilité régionales et internationales ».

Rejet des projets de colonisation en Cisjordanie

Les ministres condamnent également l’approbation par le ministre israélien Bezalel Smotrich du projet de colonisation dans la zone dite « E1 » ainsi que ses « déclarations racistes et extrémistes » rejetant la création d’un État palestinien.

Ils qualifient ces initiatives de « violation du droit international » et d’« atteinte flagrante au droit inaliénable du peuple palestinien » à établir un État indépendant et souverain sur les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.

Le communiqué rappelle la résolution 2334 du Conseil de sécurité, qui condamne toute activité de colonisation israélienne visant à modifier la composition démographique et le statut juridique des territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est. Les signataires soulignent également l’avis consultatif de la Cour internationale de justice confirmant l’illégalité de l’occupation israélienne et appelant à y mettre fin immédiatement.

Mise en garde contre les risques d’escalade

Les pays arabes et islamiques avertissent que la poursuite par Israël de ses politiques expansionnistes en Cisjordanie occupée, conjuguée aux attaques contre les lieux saints islamiques et chrétiens — notamment la mosquée Al-Aqsa —, aux violences des colons et aux destructions de camps de réfugiés, « alimente directement le cycle de violence et compromet les perspectives de paix ».

Le communiqué met également en garde contre « les illusions idéologiques et racistes » qui risquent de faire basculer la région dans une spirale incontrôlable de conflits, menaçant ainsi la sécurité régionale et internationale.

Gaza au cœur des préoccupations

Les ministres réitèrent leur condamnation des « crimes d’agression israéliens, des actes de génocide et de nettoyage ethnique » dans la bande de Gaza, exigeant un cessez-le-feu immédiat et un accès humanitaire sans condition. Ils accusent Israël d’utiliser « la famine comme arme de guerre » et appellent à la levée immédiate du blocus imposé au territoire.

Israël, en tant que puissance occupante, est jugé « pleinement responsable » de l’effondrement du système sanitaire et humanitaire dans la bande de Gaza. Les ministres réaffirment également leur opposition « totale et absolue » à toute tentative de déplacement forcé de la population palestinienne.

Soutien à la gouvernance palestinienne et appel à la communauté internationale

Le communiqué souligne que Gaza fait partie intégrante des territoires palestiniens occupés et appelle à ce que l’État de Palestine assume ses responsabilités de gouvernance, en Cisjordanie comme à Gaza, dans le cadre du programme politique de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), reconnu comme seul représentant légitime du peuple palestinien.

Enfin, les pays signataires interpellent la communauté internationale, en particulier les membres permanents du Conseil de sécurité et les États-Unis, afin qu’ils assument leurs responsabilités légales et morales. Ils demandent que des mesures soient prises pour contraindre Israël à cesser son agression, mettre un terme à son escalade en Cisjordanie et garantir une protection internationale au peuple palestinien, tout en poursuivant en justice les responsables des crimes et violations commis.