L’écrivain Kamel Daoud a annulé une visite prévue à Milan, craignant une arrestation à son arrivée en Italie. Il est actuellement visé par plusieurs plaintes et mandats d’arrêt internationaux émis par la justice algérienne. 

Selon un article publié ce lundi 2 juin par le journal italien Corriere della Sera, Kamel Daoud, naturalisé français en 2020, a renoncé à participer à La Milanesiana, l’un des plus grands festivals culturels d’Italie, où il devait présenter son roman Houris, récemment couronné du Prix Goncourt 2024.

Le célèbre auteur aurait pris cette décision après avoir été informé qu’un juge italien aurait accepté une demande d’arrestation à son arrivée à l’aéroport de Milan, suivie d’une possible extradition vers l’Algérie. 

Kamel Daoud est actuellement visé par quatre plaintes : deux en Algérie et deux en France. Elles sont toutes liées à la parution de son roman Houris. Ce livre raconte l’histoire tragique d’Aube, une fillette de six ans, unique survivante d’un massacre terroriste dans l’Ouest algérien. Égorgée et laissée pour morte, elle est miraculeusement sauvée mais demeure profondément marquée par le traumatisme. 

Une accusation de violation de la vie privée Saada Arbane, une femme algérienne, affirme que Houris s’inspire directement de son histoire personnelle, sans son autorisation. Elle accuse la femme de Kamel Daoud, psychiatre de profession, d’avoir transmis ses confidences à son mari, qui en aurait fait un roman malgré son refus explicite. En novembre dernier, son collectif d’avocats, dirigé par Me Fatma Zohra Benbraham, a déposé deux plaintes en Algérie : l’une pour violation de la vie privée et l’autre au nom des victimes du terrorisme. 

Le 7 mai, l’hebdomadaire Le Point, pour lequel Kamel Daoud est chroniqueur, révélait que deux mandats d’arrêt internationaux avaient été émis par le tribunal d’Oran, en mars et mai 2024. Les avocats de l’écrivain ont immédiatement annoncé qu’ils contesteraient ces mandats « auprès des instances concernées », dénonçant une instrumentalisation judiciaire contre leur client. En parallèle, deux autres plaintes ont été déposées en France, pour non-respect de la vie privée et diffamation. Saada Arbane réclame une indemnisation de 200.000 euros.