L’ancienne ministre française et présidente de l’Association France-Algérie, Ségolène Royal, a évoqué longuement la relation algéro-française. Dans un entretien accordé à l’émission Les Zinformés sur la Radio Beur FM, Ségolène Royal a dévoilé la condition du président Abdelmadjid Tebboune pour recevoir des ministres français.
Elle a affirmé le président Abdelmadjid Tebboune lui avait indiqué être disposé à recevoir des ministres français, à condition que ceux-ci ne viennent pas dans une logique de pression.
Mme Royal a affirmé qu’« On a affaire à un État souverain », soulignant que la diplomatie commence là : dans le respect de l’autre partie.
L’intervenante a estimé que le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin revient d’Alger avec un discours d’apaisement. « J’avais l’impression que c’était du Ségolène dans le texte», estime-t-elle. Et d’ajouter : « Ils ont répété mot à mot ce que j’avais dit sur place aux médias algériens. »
La relation algéro-française s’améliore
« Oui, on peut dire que ça s’améliore », a indiqué Ségolène Royal à propos de la relation algéro-française, estimant toutefois que le lien reste fragile.
Elle rappelle avoir défendu depuis janvier une méthode simple : cesser de parler à l’Algérie comme si elle devait d’abord répondre à des injonctions françaises.
Ségolène Royal a révélé aussi ce qu’elle a conseillé au ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, après sa visite en Algérie.
De retour d’un déplacement à Alger, Ségolène Royal raconte avoir été sollicitée pour le locataire Place Beauvau et expliquer comment reprendre contact avec les autorités algériennes. L’entretien dure une heure, en tête-à-tête. Elle dit alors avoir formulé un conseil très direct : aller en Algérie sans poser de conditions préalables.
« J’ai découvert en Algérie une réalité trop peu racontée en France »
Ségolène Royal est revenue sur sa visite en Algérie qu’elle a effectuée en janvier 2026. Dans ses visites sur le terrain en Algérie, Mme Royal a affirmé avoir découvert une réalité trop peu racontée en France : « des écoles d’ingénieurs de haut niveau, des formations en intelligence artificielle, des entreprises pharmaceutiques performantes, des cadres jeunes, souvent brillants, et de nombreuses femmes en responsabilité ».
« Ce qu’elle retient surtout, c’est le décalage entre cette vitalité et le récit français dominant. Les entreprises rencontrées sur place lui expliquent que leurs cadres sont souvent de jeunes diplômés algériens très qualifiés. Mais beaucoup regardent désormais vers le Canada ou d’autres horizons, en partie à cause des difficultés de visas avec la France », a-t-elle déploré.
Ségolène Royal a estimé que « c’est un gâchis stratégique. La France a besoin de ces liens. L’Algérie aussi ». « (…) on a besoin les uns des autres », a-t-elle ajouté.







