Les déclarations de Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël, ont provoqué une vague d’indignation dans le monde arabe et musulman. En invoquant la tradition biblique pour justifier d’éventuelles revendications territoriales israéliennes s’étendant « entre le Nil et l’Euphrate », le diplomate américain a suscité de vives réactions diplomatiques et ravivé les tensions autour du conflit israélo-palestinien.
Une référence biblique aux implications géopolitiques explosives
Lors d’un entretien accordé à un commentateur conservateur américain dans un podcast, Mike Huckabee, ancien pasteur baptiste et fervent soutien d’Israël, a livré sa lecture d’un verset de la Genèse. Selon lui, ce passage conférerait à Israël des droits sur un territoire couvrant une vaste région allant de l’Égypte à l’Irak, en passant par la Syrie. « Je pense que c’est exact. Et cela engloberait en gros tout le Moyen-Orient », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « Ce serait bien s’ils prenaient tout », en référence à ces territoires.
Ces propos ont été interprétés comme une justification religieuse des ambitions expansionnistes attribuées à l’État hébreu, suscitant immédiatement une levée de boucliers dans plusieurs capitales.
Une condamnation ferme du monde arabe et musulman
Plus d’une dizaine de pays, parmi lesquels l’Égypte, la Turquie, l’Indonésie et plusieurs États du Golfe, ont exprimé dimanche 22 février leur « ferme condamnation et leur profonde préoccupation ». Dans une déclaration conjointe, ces pays ont dénoncé des propos « dangereux et incendiaires » constituant, selon eux, « une menace grave pour la sécurité et la stabilité de la région ».
Des organisations régionales, notamment la Ligue arabe, ont également réagi, qualifiant ces déclarations d’« extrémistes » et estimant qu’elles attisaient les tensions religieuses et nationalistes à un moment particulièrement sensible.
L’Iran s’est joint à cette vague de critiques, accusant le représentant américain de révéler, à travers ses propos, ce qu’il considère comme une « complicité active des États-Unis » dans les politiques israéliennes envers les Palestiniens.
Des inquiétudes accrues autour de la Cisjordanie
La polémique intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par une intensification des mesures israéliennes visant à renforcer son contrôle sur la Cisjordanie occupée. L’Autorité palestinienne a dénoncé des propos qui, selon elle, contredisent les positions officielles exprimées par le président américain Donald Trump, notamment son rejet d’un projet d’annexion formelle de ce territoire.
Occupée depuis 1967, la Cisjordanie abrite aujourd’hui plus de 500 000 colons israéliens, vivant aux côtés de près de trois millions de Palestiniens. Ces colonies sont considérées comme illégales par les Nations unies au regard du droit international. Une haute responsable de l’ONU a récemment estimé que les mesures israéliennes en cours s’apparentaient à une « annexion progressive de facto ».
Une polémique persistante malgré des tentatives d’explication
Face à la controverse, Mike Huckabee a tenté de clarifier certaines de ses positions dans des messages publiés sur le réseau social X, notamment concernant sa définition du sionisme. Toutefois, il n’est pas revenu sur ses déclarations relatives à un contrôle israélien potentiel sur de larges portions du Moyen-Orient.
Ces propos interviennent alors qu’un nouveau « Conseil de paix » initié par Donald Trump s’est réuni pour la première fois à Washington, avec pour objectif de discuter notamment du financement de la reconstruction de Gaza après la guerre. Dans ce contexte fragile, de nombreux observateurs craignent que de telles déclarations ne compromettent davantage les perspectives d’un processus de paix durable.







