Le Mouvement dynamique des Algériens en France (MOUDAF) a vivement réagi, jeudi 17 avril 2025, aux récentes déclarations du ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, dénonçant des propos jugés « provocateurs » et empreints de « ressentiment colonial ».
Dans un communiqué signé par son secrétaire général, Nasser Khabat, le MOUDAF accuse le ministre de multiplier depuis plusieurs mois « les provocations, les contre-vérités et les invectives à l’égard de l’Algérie ». Le mouvement s’interroge sur la nature de cette posture : « Faut-il y voir l’empreinte d’une ligne politique assumée, ou celle, plus insidieuse, d’une soumission rampante aux injonctions de l’extrême droite et de la fachosphère ? », questionne le texte.
Pour le MOUDAF, les déclarations de Bruno Retailleau s’inscrivent dans une vision nostalgique de la France, aux relents autoritaires. « Quand il ose évoquer une prétendue ‘humiliation’ de la France face à l’Algérie, c’est une insulte faite à l’Histoire », souligne le communiqué, dénonçant une instrumentalisation du passé qui « ravive les braises d’un passé non digéré », au lieu de favoriser un dialogue constructif entre les deux pays.
Le mouvement a également tenu à rappeler que le silence de la diaspora algérienne ne saurait être interprété comme de la passivité ou de la résignation. « Il est celui d’une maturité politique que beaucoup dans l’appareil d’Etat français semblent avoir perdue », affirme Nasser Khabat.
Le MOUDAF appelle à la vigilance face à ce qu’il qualifie de « dérive nationaliste », avertissant contre une instrumentalisation des identités dans un contexte politique tendu : « Nous refusons d’être les spectateurs muets d’une dérive nationaliste qui instrumentalise nos histoires, nos identités, et notre citoyenneté plurielle à des fins électoralistes. »







