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Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a réaffirmé ce mardi 3 février 2026 la position de Paris concernant une éventuelle visite officielle à Alger. Celle-ci demeure conditionnée à deux avancées jugées essentielles par la France : la reprise effective des reconduites d’Algériens en situation irrégulière et une évolution tangible du dossier du journaliste français Christophe Gleizes.

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Interrogé sur TF1 face aux spéculations autour d’un possible dégel diplomatique entre Paris et Alger, le locataire de la place Beauvau s’est montré ferme. « Non, je ne renoncerai pas à mes conditions », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité de signaux concrets avant toute visite officielle.

Concernant la question des obligations de quitter le territoire français (OQTF), Laurent Nuñez dresse un constat sans appel. « Que le flux se réamorce, ce n’est pas le cas », a-t-il déclaré, soulignant qu’aucune simple promesse ne saurait suffire. Pour Paris, la reprise effective des éloignements constitue un indicateur clé de bonne volonté.

Nuñez pose ses conditions pour une visite en Algérie

Le ministre se dit néanmoins confiant quant à une issue favorable. « J’attends qu’il y ait une évolution sur ces sujets, je me rendrai à ce moment-là en Algérie. J’ai bon espoir, je sais que j’irai », assure-t-il. Tout en appelant à sortir d’une relation diplomatique qu’il qualifie de « gelée », il refuse cependant toute normalisation sans contreparties claires.

Laurent Nuñez rappelle que, malgré la crise, les discussions techniques et sécuritaires entre les deux pays ont repris. Ces échanges, maintenus en sourdine, constituent selon lui un socle minimal de coopération en attendant des avancées politiques plus larges.

Cette prise de position intervient au lendemain des déclarations de Ségolène Royal, fraîchement rentrée d’Algérie, où elle a été reçue par le président Abdelmadjid Tebboune. Invitée elle aussi sur TF1, l’ancienne ministre socialiste a exhorté Laurent Nuñez à se rendre à Alger, estimant qu’« il faut y aller, c’est évident ». Elle a ajouté : « Quand on pose des conditions, c’est qu’on ne veut pas y aller. »

Une analyse rejetée par le ministre de l’Intérieur, qui affirme que la France a « suffisamment tendu la main ». Il écarte également toute rupture avec la ligne de son prédécesseur, pour lequel il dit nourrir une « grande estime ».

Précisions sur la visite de Ségolène Royal en Algérie

Laurent Nuñez a par ailleurs tenu à clarifier le cadre du déplacement de Ségolène Royal en Algérie. Selon lui, la mission effectuée par la présidente de l’Association France-Algérie « n’était pas pour le compte du gouvernement français », rappelant ainsi que la diplomatie officielle relève exclusivement de l’exécutif.

Pour sa part, le ministre évoque des conditions qu’il qualifie de « minimalistes » : un redémarrage concret des reconduites et des progrès tangibles concernant Christophe Gleizes, détenu en Algérie pour « apologie du terrorisme », un dossier qui, selon lui, « préoccupe » les autorités françaises.

La suspension, depuis plusieurs mois, des éloignements d’Algériens en situation irrégulière reste au cœur des tensions. « Il faut que le flux se réamorce, il faut qu’il y ait une amorce », insiste Laurent Nuñez, mettant en avant une approche pragmatique : maintenir le dialogue sans entériner une situation qu’il juge bloquée.

En attendant d’éventuelles avancées, Paris et Alger poursuivent des échanges sécuritaires discrets, dans un climat diplomatique encore fragile. La visite du ministre de l’Intérieur demeure donc envisageable, mais reste suspendue à des gestes concrets de la part des autorités algériennes.