L’écrivain algérien naturalisé français Boualem Sansal a surpris le monde littéraire en annonçant son départ de son éditeur historique Gallimard pour rejoindre Grasset, maison d’édition appartenant au milliardaire Vincent Bolloré.
Avec ce choix, Sansal va dans le camp de l’algérophobie, fonds de commerce de l’extrême droite et la galaxie médiatique de Bolloré.
Selon Le Canard enchaîné, cette décision aurait été influencée par l’ancien président Nicolas Sarkozy, ami proche de Bolloré, qui aurait encouragé Sansal à « divorcer » avec Gallimard. L’hebdomadaire rapporte que Sarkozy, lors d’un entretien tendu, aurait critiqué le président actuel Emmanuel Macron et suggéré à l’écrivain de rejoindre la maison Bolloré, où il publie également ses propres ouvrages. Toujours d’après le journal, l’ancien chef de l’État aurait interrogé Sansal sur les conditions financières de son contrat chez Gallimard, en présence de plusieurs représentants de l’éditeur.
Le passage chez Grasset s’accompagnerait d’un à-valoir estimé à près d’un million d’euros pour son prochain livre, qui portera sur son année d’incarcération en Algérie, contre environ 100 000 euros proposés par Gallimard. Ce montant astronomique alimente les critiques et questionnements autour du choix de Sansal.
Pour le journal Libération, ce changement d’éditeur « entache l’image » de l’écrivain et soulève des accusations de trahison. Certains observateurs y voient également un rapprochement politique implicite avec la droite et l’extrême droite française. La situation intervient dans un contexte de droitisation croissante en France, avec le Rassemblement national en tête des sondages pour l’élection présidentielle de 2027 et des résultats municipaux récents qui confirment cette tendance.
Le choix de Boualem Sansal, dans ce contexte, pourrait alimenter les débats sur la place des intellectuels dans le paysage politique français. Certains craignent que l’écrivain soit utilisé comme un symbole de l’intégration à la française et de la « dédiabolisation » du RN.
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