La crise entre l’Algérie et la France connait une nouvelle phase de dégradation avec l’annonce par Alger et Paris le renvoi de diplomates. Dimanche 11 mai 2025, l’Algérie a annoncé le renvoi de 15 agents français.

Ce mercredi 14 mai 2025, le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé que la France allait renvoyer des diplomates algériens.

 La France a convoqué le chargé d’affaires algérien à Paris pour dénoncer la décision « injustifiée et injustifiable » d’Alger d’expulser des fonctionnaires français d’Algérie et lui indiquer que Paris allait riposter en renvoyant des diplomates algériens, a annoncé mercredi 14 mai le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot.

« Notre réponse est immédiate, elle est ferme et elle est strictement proportionnée à ce stade, avec la même demande, c’est-à-dire le renvoi en Algérie de tous les agents titulaires de passeports diplomatiques qui n’auraient pas actuellement de visa », a affirmé le ministre sur la chaîne BFMTV, sans préciser leur nombre.

Le chargé d’affaires algérien a été convoqué mardi, selon le Quai d’Orsay. « Nous lui avons fait savoir également que nous nous réservons la possibilité de prendre d’autres mesures en fonction de l’évolution de la situation », a ajouté Jean-Noël Barrot. « Les Algériens ont souhaité renvoyer nos agents. Nous renvoyons les leurs », a-t-il encore noté.

L’Algérie a expulsé 15 diplomates français

L’Algérie a déclaré, dimanche 11 mai 2025, un total de 15 diplomates français persona non grata.

Le Chargé d’affaires de l’Ambassade de France en Algérie, reçu dimanche au siège du Ministère des Affaires étrangères et reçoit une demande des autorités algériennes concernant le rapatriement dans leur pays d’origine de 15 agents français.

Selon les sources de l’agence officielle APS, « cette convocation du diplomate français serait intervenue après le constat de manquements flagrants et répétés de la partie française au respect des procédures consacrées en matière d’affectation d’agents auprès des représentations diplomatiques et consulaires françaises en Algérie ».

L’agence APS a précisé que « sur la période récente, il aurait été constaté par les services compétents algériens l’affectation de pas moins de quinze agents français devant assumer des fonctions diplomatiques ou consulaires sans que ces affectations n’aient fait, au préalable, l’objet, ni de notifications officielles, ni de demandes d’accréditation appropriées comme l’exigent les procédures en vigueur ». 

L’agence officielle a indiqué que « ces agents, titulaires auparavant de passeports de service, se sont vu accorder des passeports diplomatiques pour faciliter davantage leur entrée en Algérie. En outre, et comme il en a déjà été fait état, cette liste incluait deux agents relevant du Ministère français de l’Intérieur et devant manifestement suppléer partiellement à ceux qui ont été récemment déclarés persona non grata ».