Plus de soixante ans après les explosions nucléaires menées par France dans le Sahara algérien, l’Algérie a officiellement entamé une opération de décontamination des zones affectées, marquant une étape majeure dans le traitement des séquelles environnementales et historiques laissées par ces essais.
La première intervention concerne le site d’In Ekker, situé dans la wilaya de Tamanrasset, a annoncé le Ministère de la Défense nationale (MDN). Cette initiative s’inscrit dans un processus de longue haleine, fruit de plusieurs décennies d’études approfondies, de planification rigoureuse et de coordination entre différents secteurs nationaux, principalement celui de la défense.
Selon le MDN, cette opération est menée sous la supervision d’experts et de spécialistes algériens, mobilisant exclusivement des compétences et des capacités nationales. Elle reflète la volonté des autorités de traiter de manière souveraine et scientifique les conséquences des essais nucléaires réalisés au début des années 1960.
Taourirt Tan Afella, premier site concerné
Les travaux de décontamination ont été lancés précisément sur le site de Taourirt Tan Afella, situé à proximité d’In Ekker. Cette zone a été le théâtre du deuxième essai nucléaire français, connu sous le nom de code « Béryl », l’un des essais souterrains les plus marquants de cette période.
Ces opérations interviennent dans un contexte historique marqué par une série d’essais nucléaires effectués par la France dans le sud algérien. La première explosion, baptisée « Gerboise bleue », avait eu lieu le 13 février 1960 à Reggane, marquant le début du programme nucléaire militaire français dans la région.
Une étape vers la réparation environnementale
Le lancement de cette opération de décontamination constitue une avancée significative dans les efforts de l’Algérie pour restaurer les zones affectées et protéger l’environnement ainsi que les populations locales. Il témoigne également de l’engagement des autorités à traiter un dossier sensible, à la fois sur le plan écologique, sanitaire et mémoriel.
Cette initiative, portée par des compétences nationales, symbolise une nouvelle phase dans la prise en charge des conséquences des essais nucléaires, tout en affirmant la capacité de l’Algérie à relever les défis hérités de son histoire.






