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Le parquet a requis, vendredi 5 juin, la relaxe du romancier franco-algérien Kamel Daoud, poursuivi pour diffamation dans le cadre d’une procédure engagée par Saâda Arbane, une ressortissante algérienne l’accusant d’avoir utilisé son histoire personnelle sans autorisation pour son roman Houris, couronné par le prix Goncourt 2024.

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Absent à l’audience devant le tribunal correctionnel de Paris, l’écrivain de 55 ans était mis en cause pour des propos tenus lors d’une interview publiée en avril 2025 dans Le Figaro. Il y aurait notamment évoqué, sans mentionner directement Saâda Arbane, la possibilité qu’« Alger puisse déposer plainte contre Kamel Daoud en France ».

Selon la plaignante, une Oranaise de 32 ans rescapée d’un massacre durant la décennie noire en Algérie et ancienne patiente de l’épouse psychiatre de l’écrivain, ces propos seraient diffamatoires et participeraient à une atteinte à sa vie privée. Elle affirme que l’auteur aurait exploité son vécu tragique pour nourrir son roman, ce que l’intéressé conteste fermement. Plusieurs procédures judiciaires sont en cours en France et en Algérie.

Devant le tribunal, la partie civile a soutenu que, même sans être nommée, Saâda Arbane serait identifiable à travers la référence à « Alger », interprétée comme une métonymie visant directement la plaignante. Ses avocats ont dénoncé une démarche qu’ils qualifient d’attaque organisée visant à discréditer leur cliente et à l’exposer publiquement.

À l’inverse, la défense du Figaro a estimé que cette action en diffamation relevait d’une stratégie visant à intensifier un conflit médiatique autour du roman Houris, et à exercer une pression sur les médias donnant la parole à l’écrivain. L’avocate de Kamel Daoud a, de son côté, dénoncé un « harcèlement judiciaire » en France et en Algérie, affirmant que les multiples procédures auraient pour effet d’épuiser l’auteur et de limiter son travail.

La procureure a finalement considéré que les propos litigieux relevaient de l’expression d’une opinion et qu’ils ne permettaient pas d’identifier formellement la plaignante, ni d’imputer un fait précis, condition nécessaire pour caractériser la diffamation.

Le tribunal correctionnel de Paris rendra sa décision le 8 septembre.

Par ailleurs, Kamel Daoud a indiqué avoir été condamné en avril à trois ans de prison ferme par un tribunal d’Oran pour des propos liés à la guerre civile algérienne dans Houris, une décision rendue dans le cadre d’une autre procédure judiciaire engagée en Algérie.