Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie, a révélé, dans un entretien accordé à la Télévision algérienne, les raisons de son refus de participer à l’émission : «Complément d’enquête» diffusée par la chaîne France 2, estimant qu’elle porte atteinte à l’Algérie et qu’elle est politiquement orientée.

Ségolène Royal, qui effectue actuellement une visite en Algérie, a expliqué avoir refusé de prendre part à «Complément d’enquête », alors qu’il était initialement prévu qu’elle intervienne dans la rubrique des « chaises rouges » à la fin du sujet. Elle a précisé qu’en raison de la grande sensibilité du thème abordé, elle avait demandé à visionner le film avant sa diffusion.

Elle a ajouté qu’après avoir regardé le reportage, elle avait clairement exprimé son refus d’y participer, affirmant qu’elle ne pouvait en aucun cas légitimer un travail portant gravement atteinte à l’Algérie, ni contribuer à augmenter l’audience d’un contenu orienté, d’autant plus que son nom attire le public.

L’intervenante a indiqué avoir exprimé sa position par écrit, considérant que le contenu du reportage était totalement inacceptable. Elle a également soulevé la question de la réaction de la France si la télévision publique algérienne avait réalisé un reportage similaire sur le président français Emmanuel Macron, s’interrogeant sur la conception d’un travail médiatique dépourvu de toute dimension professionnelle.

Elle a par ailleurs précisé que le reportage avait commencé à être préparé à l’époque où Retailleau occupait le poste de ministre de l’Intérieur, ce qui rend, selon elle, son caractère orienté peu surprenant. Elle a souligné que les objectifs du reportage apparaissent clairement à travers sa tentative de délégitimer les élus binationaux en s’appuyant sur des témoignages anonymes.

Ségolène Royal a ajouté qu’aucune preuve ne vient étayer les accusations avancées dans le reportage. Elle a insisté sur le fait que les consulats, partout dans le monde, restent en contact permanent avec leurs ressortissants, ce qu’elle considère comme une pratique normale et non comme une ingérence, contrairement à ce qui a été suggéré.

Elle a conclu en affirmant que ce qui se passe s’inscrit dans un mécanisme clair visant à semer le doute et à empoisonner le débat public autour des élus binationaux, estimant que la diffusion du reportage, à seulement deux mois des élections municipales, ne relève en rien du hasard.

La diffusion de l’entretien avec Ségolène Royal est prévue mercredi soir à 21h00 sur Canal Algérie.