La crise qui dure depuis plusieurs mois entre l’Algérie et la France est loin de connaitre un dénouement. Elle risque de passer un palier supplémentaire de dégradation.
Les autorités françaises envisagent de geler les avoirs de 20 responsables algériens, selon le journal français « L’Express ».
Le ministre de l’intérieur français Bruno Retailleau avait évoqué, en janvier 2025, cette option en représailles à la décision de l’Algérie de reprendre plusieurs de ses ressortissants frappés d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
« Cette piste est aujourd’hui sérieusement explorée, tant à Bercy (Ministère des Finances) qu’à Beauvau (Ministère de l’Intérieur) », a rapporté mercredi 28 mai le journal français « L’Express ».
Selon le même média qui évoque des sources, « une liste d’une « vingtaine de dignitaires » a été dressée, nous confie une source gouvernementale. Ils occupent tous de hauts postes administratifs, sécuritaires et politiques en Algérie, tout en possédant des propriétés ou des intérêts financiers en France. « On estime que 801 membres de la nomenklatura algérienne ont des intérêts financiers en France et viennent en France régulièrement. Et ce sans compter les militaires ».
Les autorités françaises veulent utiliser la liste de 20 officiels algériens dans le cadre des négociations diplomatiques avec Alger comme « arme de dernier recours », selon le journal « L’Express ».
« L’idée au sein du gouvernement est d’utiliser cette liste de vingt dignitaires comme une arme de dernier recours dans les négociations diplomatiques entre les deux pays. Le 16 mai dernier, une première menace a été mise à exécution par le Quai d’Orsay, celle de suspendre un accord de 2007 permettant aux titulaires de passeport diplomatique de circuler librement entre les deux pays, sans visa. Le dernier épisode en date d’une série de mesures et de représailles entre la France et l’Algérie », rapporte le même média.
Selon « L’Express », Paris prévoit de publier sa liste de « vingt dignitaires » si Alger décide de nouvelles mesures hostiles. « Cela se ferait sur le modèle des oligarques russes ».
« A ceci près que le gel des avoirs de ressortissants russes en France est encadré par des règlements de l’Union européenne, depuis 2014. Rien de tel dans le cas algérien », note le journal français.










