L’ancienne ministre française et présidente du comité de soutien à l’écrivain Boualem Sansal , Noëlle Lenoir, a tenu des graves propos racistes sur la chaine sur CNEWS dans lesquels elle a accusé les Algériens de France d’être de « potentiels terroristes ».

Ses propos ont suscité un tollé suivi par des actions en justice qui ont été engagées à son encontre.

La députée écologiste, Sabrina Sebaihi, a saisi la procureure de Paris au sujet des graves déclarations faites par Noëlle Lenoir, au moment où une association d’Algériens résidant en France a porté plainte contre la chaîne de télévision CNews sur laquelle l’ex-ministre est intervenue.

Vendredi dernier, Mme Lenoir (ancienne ministre des Affaires européennes entre 2002 et 2004) a accusé sur CNews les « millions d’Algériens » de France d’être des terroristes potentiels capables de représenter des « risques majeurs », sans que l’animatrice de la chaîne ne la rappelle à l’ordre.

La députée écologiste Sabrina Sebaihi a affirmé qu’assimiler des « millions d’Algériens » vivant en France à des criminels ne pouvait être considéré comme une opinion, mais « un délit ». Elle a ajouté que la haine et la stigmatisation ne pouvaient être tolérées.

L’élue a annoncé avoir saisi, lundi, la procureure de la République. Elle a rappelé que « l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sanctionne la provocation publique, à la discrimination, à la haine ou à la violence envers un groupe en raison de son origine ou de sa nationalité ».

Elle affirme que les propos « stigmatisants et diffamatoires » venant d’une ancienne ministre sur une chaîne de grande écoute « n’ont pas lieu d’être et doivent être sanctionnés ».

Par ailleurs, l’Union française des binationaux et de la diaspora algérienne a adressé une requête au tribunal administratif de Paris contre CNews, estimant que les propos tenus sur cette chaîne étaient susceptibles de recevoir les « qualifications d’incitation à la haine raciale et de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers un groupe en raison de son origine nationale ».

L’association a demandé au juge des référés « d’ordonner à CNews la diffusion immédiate, à une heure de grande écoute, d’un bandeau rectificatif et d’excuses publiques adressées aux binationaux franco-algériens et à la diaspora algérienne », en plus d’une amende de 50.000 euros.