Source : Page Facebook de Ségolène Royal

L’ancienne ministre française et actuelle présidente de l’association France-Algérie, Ségolène Royal, a rencontré ce vendredi 30 janvier, en fin de matinée, le journaliste Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis sept mois. La rencontre s’est déroulée dans une prison d’Alger, où le journaliste a été transféré la veille.

« Je l’ai vu 35 à 40 minutes dans une prison à Alger », a-t-elle déclaré au magazine français Paris Match. « C’est difficile de qualifier son état mais il a une force intérieure qui lui donne une sérénité. C’est une épreuve, mais il pense à ses liens à l’extérieur, à ses parents, et cela lui permet de rester serein. Son transfert à Alger va faciliter ses contacts avec sa famille. C’est quelqu’un de bien, Christophe Gleizes. »

Interrogée par le même magazine sur la mobilisation croissante en France en faveur de la libération du journaliste, Ségolène Royal souligne que ce dernier en est conscient, tout en refusant toute mise en avant personnelle. « Il est au courant de ce qui se passe mais ne veut pas être transformé en vedette. C’est quelqu’un de très sincère, toujours passionné par son métier, qu’il veut continuer à exercer. Il ne pensait pas que sa venue poserait tant de problèmes », précise-t-elle, tout en affirmant ne pas vouloir parler en son nom.

Selon l’ancienne candidate à l’élection présidentielle, Christophe Gleizes fait preuve d’une grande capacité de résilience en détention. « Il a les ressources en lui-même, lit beaucoup, regarde la télévision, fait du sport. Il partage sa cellule avec un codétenu malien à qui il a appris à lire et écrire. Il s’attache aux aspects de fraternité qu’il peut trouver en prison, malgré une situation délicate. »

Ségolène Royal insiste également sur le regard que porte le journaliste sur l’Algérie. « Il n’est pas dans la critique de l’Algérie, pas du tout. C’est un pays qu’il aime », affirme-t-elle à Paris Match. Elle qualifie sa propre visite de « geste humain, de fraternité envers un compatriote », saluant l’autorisation accordée par les autorités algériennes pour cette rencontre et le transfert du détenu à Alger, qu’elle juge « positif ».

Concernant une éventuelle libération, l’ancienne ministre se montre prudente. « Il y a un recours, des délais légaux. Je ne veux me substituer à d’autres. On espère une décision de grâce », explique-t-elle, précisant qu’elle rentrait en France dans la soirée. Elle indique par ailleurs être en contact avec le conseiller diplomatique de l’Élysée, tout en récusant toute démarche de diplomatie parallèle. « Il faut des voix qui portent, d’expérience, capables de parler aux deux côtés », affirme-t-elle.

Critiquée par certains élus qui l’accusent de récupération politique, Ségolène Royal dénonce des attaques « très violentes » et une instrumentalisation du dossier. « Si je faisais cela dans un but politicien, je ne choisirais pas une question aussi sensible. Ceux qui se disent patriotes vont à l’encontre des intérêts de la France. Le vrai patriotisme, c’est s’entendre avec ce grand voisin et avec toute l’Afrique, avant qu’il ne soit trop tard », soutient-elle.

Elle conclut en rappelant l’existence d’un héritage commun entre les deux pays : « Nous avons un patrimoine commun qui est la Méditerranée. L’Algérie, malgré les dégâts de la colonisation, continue d’avoir une affection commune. »